Salam For Yemen

#PasEnMonNom

#PasEnMonNom🔮 Les civils sont les 1Ăšres victimes du conflit au #YĂ©men. La France doit de toute urgence cesser de vendre des armes aux pays qui bombardent et affament les populations yĂ©mĂ©nites. Refusons d’ĂȘtre complices ⛔

Demandez Ă  vos dĂ©putĂ©s d’exiger l’arrĂȘt immĂ©diat des ventes d’armes françaises Ă  l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. Signez cet appel✍

Cliquer ici pour accĂšder Ă  la page de l’appel

 

YĂ©men/ventes d’armes: 14 ONG dĂ©noncent la convocation par la DGSI de l’ONG ASER

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

YĂ©men/ventes d’armes: 14 ONG dĂ©noncent la convocation par la DGSI de l’ONG ASER

« L’intimidation de reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile est une atteinte grave Ă  notre dĂ©mocratie» – (ONG)

Paris, 27 septembre 2019 – 14 ONG humanitaires et de dĂ©fense des droits humains dĂ©noncent la convocation par les services de renseignement français du prĂ©sident d’une ONG française demandant un vĂ©ritable contrĂŽle des ventes d’armes françaises Ă  l’étranger.

BenoĂźt Muracciole, prĂ©sident d’Action SĂ©curitĂ© Ethique RĂ©publicaines (ASER), est convoquĂ© par la direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure (DGSI) le 2 octobre prochain, en raison d’une suspicion « d’avoir commis ou tentĂ© de commettre l’infraction de compromission du secret de dĂ©fense nationale. »

Des journalistes avaient dĂ©jĂ  fait l’objet de convocations similaires par la DGSI, comme Geoffrey Livolsi et Mathias Destal du mĂ©dia d’investigation Disclose, ainsi que BenoĂźt Collombat de la cellule investigation de Radio France en mai dernier, pour avoir publiĂ© des notes classĂ©es « confidentiel dĂ©fense » de la Direction du renseignement militaire (DRM).

Celles-ci confirmaient que des Ă©quipements militaires français achetĂ©s par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont engagĂ©s dans la guerre au YĂ©men, avec un risque majeur d’utilisation dans des attaques illĂ©gales contre des populations civiles, ce que nos organisations mettent en lumiĂšre depuis dĂ©jĂ  plus d’un an.

BenoĂźt Muracciole, PrĂ©sident d’ASER, est inquiĂ©tĂ© pour avoir utilisĂ© de maniĂšre responsable des informations publiques essentielles Ă  une action juridique contre le gouvernement français, informations qui n’ont, en outre, rĂ©vĂ©lĂ© aucune opĂ©ration militaire française en cours, ni mis aucun personnel français en danger.

Dans leurs rĂ©fĂ©rĂ©s respectifs contre le chargement des canons Caesar dans le port du Havre, ainsi que dans l’appel du 8 septembre 2019 auprĂšs de la Cour d’Appel du tribunal administratif de Paris, ASER et ACAT-France ont utilisĂ© les documents produits par Disclose et ses partenaires, en accĂšs public sur internet et largement diffusĂ©s dans la presse française et internationale, dĂ©montrant que le gouvernement français avait connaissance de l’usage des armes françaises dans la guerre au YĂ©men.

C’est la premiĂšre fois qu’une ONG est convoquĂ©e par la DGSI dans le cadre de cette enquĂȘte. Nous nous dĂ©clarons totalement solidaires d’ASER et sommes choquĂ©s par ce processus indigne de la France, pays des droits de l’Homme: l’intimidation de  reprĂ©sentants de la sociĂ©tĂ© civile est une atteinte grave Ă  notre dĂ©mocratie et ne fera que renforcer notre dĂ©termination.

ONG signataires :

  1. ACAT-France
  2. Action contre la Faim
  3. Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS)
  4. CARE France
  5. FĂ©dĂ©ration international des droits de l’Homme (FIDH)
  6. Handicap International – Humanity & Inclusion
  7. Ligue des Droits de l’Homme (LDH)
  8. MĂ©decins du Monde
  9. Observatoire des armements
  10. Oxfam France
  11. Salam for Yemen
  12. Sherpa
  13. SumOfUs
  14. Yemen Solidarity Network

Contacts Presse : 

 

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Open letter to the members of the German Federal Security Council

56 German and international organizations demand: No arms exports for the war in Yemen.

Arms export moratorium must be extended

24 million civilians have been suffering for 5 years

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Les ventes d’armes de la France devant la Cour administrative d’appel de Paris

 COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Paris, le 19 septembre 2019

Les ventes d’armes de la France devant la Cour administrative d’appel de Paris

L’association Action SĂ©curitĂ© Ethique RĂ©publicaines (ASER), suivie par l’Action des chrĂ©tiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France) et rejointe par MĂ©decins du Monde (MdM), Salam for YĂ©men, Action contre la faim et Sherpa dĂ©cident de faire appel du jugement en premiĂšre instance du tribunal administratif de Paris afin d’obtenir la suspension des exportations d’armes françaises vers les pays de la Coalition impliquĂ©s dans la guerre au YĂ©men.

Pour rappel, par un jugement du 8 juillet 2019, le tribunal administratif de Paris s’était reconnu compĂ©tent pour examiner la requĂȘte introduite par l’association ASER, rejointe par l’ACAT, qui visait Ă  obtenir la suspension des exportations d’armes françaises vers les pays de la Coalition impliquĂ©s dans la guerre au YĂ©men[1]. L’ASER et l’ACAT se fĂ©licitent de cette premiĂšre Ă©tape qui permet donc Ă  la justice et aux citoyens un droit de regard sur ces exportations et constitue une victoire pour l’Etat de droit face au risque de dĂ©ni de justice.

Cependant, les associations requĂ©rantes ne peuvent se satisfaire de cette dĂ©cision, car ce que le tribunal administratif a donnĂ© d’une main, il l’a repris de l’autre. En effet, le tribunal refuse aux citoyens et aux associations qui les reprĂ©sentent le droit de se prĂ©valoir des engagements internationaux de la France, pour contrĂŽler l’action du gouvernement en matiĂšre d’autorisation d’exportation d’armes Ă  des pays responsables des plus graves exactions contre les populations civiles yĂ©mĂ©nites.

Les deux associations ayant dĂ©butĂ© le recours, rejointes par 4 autres, ont donc dĂ©cidĂ© de faire appel de cette dĂ©cision afin de contraindre le gouvernement Ă  respecter les engagements internationaux de la France : le TraitĂ© sur le commerce des armes ratifiĂ© en 2014 par la France et la position commune 2008/944/PESC du Conseil de l’Union europĂ©enne[2].

Le Groupe d’Eminents Experts du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies chargĂ© de documenter les violations du droit international commises au YĂ©men a lui-mĂȘme dans un rapport rendu public il y a deux semaines demandĂ© aux Etats, dont la France, de s’abstenir de fournir un soutien militaire quel qu’il soit aux parties au conflit au YĂ©men affirmant qu’ils pourraient en ĂȘtre tenus responsables[3]. Les Experts constatent par ailleurs que la lĂ©galitĂ© de ces transferts d’armes est « douteuse Â» et que ces Ă©quipements en alimentant le conflit participent Ă  la souffrance des populations[4].

Le conflit au YĂ©men est aujourd’hui dĂ©crit comme la plus grande crise humanitaire en cours dans le monde avec plus de 80% de YĂ©mĂ©nites nĂ©cessitant une aide humanitaire et 20 millions de personnes souffrant de la faim au quotidien. Les risques de famine sont toujours rĂ©els avec plus de 3 millions de personnes nĂ©cessitant un traitement contre la malnutrition aigĂŒe.[5]

On compte actuellement plus de 90 000 morts directement liĂ©s au conflit[6] tandis que l’on devrait atteindre les 230 000 dĂ©cĂšs, directs et indirects, d’ici la fin de l’annĂ©e 2019[7].

Il est urgent de faire cesser les ventes et la maintenance d’armes par la France aux pays de la Coalition impliquĂ©s dans la guerre au YĂ©men.

Action des chrĂ©tiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France)

Action contre la faim

Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER)

MĂ©decins du Monde

Salam for YĂ©men

Sherpa

 

Contacts Presse :

  • ASER : BenoĂźt Muracciole +33 (0)7 72 33 40 45
  • ACAT-France : Christina Lionnet +33 (0)1 40 40 74 10
 

[1] Le tribunal administratif de Paris a en effet exclu l’application de la thĂ©orie dite « des actes de gouvernement Â» qui dĂ©signe une dĂ©cision non susceptible de recours devant une juridiction française, notamment pour celles qui sont liĂ©es Ă  la conduite des relations extĂ©rieures de la France. A l’inverse, la justice française s’est rĂ©cemment dĂ©clarĂ©e incompĂ©tente sur cette mĂȘme base pour l’affaire des embarcations transfĂ©rĂ©es par la France aux garde-cĂŽtes libyens ou pour celle portant sur le refus par les autoritĂ©s françaises de procĂ©der au rapatriement de ressortissantes et de mineurs français dĂ©tenus dans le Kurdistan syrien.

[2] Etant donnĂ© que les associations requĂ©rantes estiment que l’action du gouvernement n’est pas conforme au droit de l’Union europĂ©enne en matiĂšre d’exportation d’armements, il sera notamment demandĂ© Ă  la Cour administrative d’appel de Paris de renvoyer Ă  la Cour de justice de l’Union europĂ©enne une question relative Ă  l’interprĂ©tation et Ă  la mise en Ɠuvre du droit de l’Union europĂ©enne par les Etats membres sur ce sujet.

[3] « les États tiers exercent une influence particuliĂšre sur les parties au conflit  au YĂ©men, ou les soutiennent  directement ou indirectement, y compris sous la forme de renseignements, de soutien logistique et de transferts d’armes. C’est le cas, notamment (
) de la France. Les États peuvent ĂȘtre tenus responsables de l’aide ou de l’assistance qu’ils ont fournie et qui a permis de commettre des violations du droit international si les conditions relatives Ă  l’établissement de la complicitĂ© sont satisfaites Â». Rapport du Groupe d’éminents experts du 9 aoĂ»t 2019.

[4] « le TraitĂ© sur le commerce des armes, auquel la France et le Royaume-Uni sont parties, interdit aux États parties d’autoriser le transfert d’armes s’ils ont connaissance que ces armes pourraient servir Ă  commettre des crimes de guerre. La lĂ©galitĂ© des transferts d’armes effectuĂ©s par la France (
) reste douteuse et fait l’objet de plusieurs procĂ©dures judiciaires dans ces États. Le Groupe d’experts constate que les armes qui continuent d’ĂȘtre fournies aux parties au conflit au YĂ©men alimentent le conflit et perpĂ©tuent les souffrances de la population Â». Ibid.

[5] Données produites par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), https://www.unocha.org/yemen/crisis-overview.

[6] Nombres de personnes civiles ou militaires tuĂ©es par l’une des forces belligĂ©rantes du conflit au YĂ©men de mars 2015 Ă  juin 2019, selon le Armed Conflict Location & Event Data Project (ACLED) le 18 juin 2019, https://www.acleddata.com/2019/06/18/press-release-yemen-war-death-toll-exceeds-90000-according-to-new-acled-data-for-2015/.

[7] Estimation du Programme des Nations Unies pour le DĂ©veloppement (PNUD) dans son rapport du 23 avril 2019 Assessing the impact of war on development in Yemen, http://www.arabstates.undp.org/content/rbas/en/home/library/crisis-response0/assessing-the-impact-of-war-on-development-in-yemen-.html.

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17 ONG, demandent l’arrĂȘt immĂ©diat des ventes d’armes françaises Ă  l’Arabie saoudite et aux Ă‰mirats

AprĂšs la mise en cause de la France par des experts de l’ONU sur le YĂ©men, 17 ONG demandent l’arrĂȘt immĂ©diat des ventes d’armes françaises Ă  l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis

« Pour ĂȘtre crĂ©dible dans ses efforts pour mettre fin aux souffrances du peuple yĂ©mĂ©nite, la France doit impĂ©rativement lever tout soupçon de complicitĂ© de crimes de guerre Â» (ONG)

Paris, le 5 septembre 2019 – Une vaste coalition de 17 ONG humanitaires et de dĂ©fense des droits humains rĂ©itĂšre aujourd’hui son appel Ă  l’arrĂȘt immĂ©diat des ventes d’armes françaises Ă  l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, Ă  la lumiĂšre de deux Ă©vĂ©nements majeurs qui ont eu lieu cette semaine. La mort dimanche de plus de 100 dĂ©tenus dans un raid aĂ©rien au nord du YĂ©men et la publication mardi du rapport du Groupe d’éminents experts sur le YĂ©men de l’ONU ont Ă  nouveau dĂ©montrĂ© l’ampleur et la violence des attaques contre les populations civiles au YĂ©men et l’urgente nĂ©cessitĂ© pour des pays comme la France de cesser d’alimenter le conflit en armes.

Dhamar : l’une des pires attaques depuis le dĂ©but de la guerre

Le 1er septembre, plus de cent personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans une sĂ©rie de frappes aĂ©riennes de la coalition menĂ©e par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sur un Ă©tablissement universitaire utilisĂ© comme centre de dĂ©tention Ă  Dhamar, en zone contrĂŽlĂ©e par les Houthis (Ansar Allah). Cette attaque, l’une des plus meurtriĂšres depuis le dĂ©but du conflit, illustre le mĂ©pris absolu de l’ensemble des parties vis-Ă -vis des rĂšgles qui rĂ©gissent les conflits. Les frappes de la coalition ont visĂ© des prisonniers, en violation des conventions de GenĂšve et du droit international humanitaire.

Les organisations signataires soutiennent la demande de l’EnvoyĂ© spĂ©cial des Nations Unies pour le YĂ©men d’ouverture d’une enquĂȘte crĂ©dible et indĂ©pendante sur ce tragique incident, qui n’est que le dernier d’une longue sĂ©rie d’attaques similaires restĂ©es impunies.

La France pointĂ©e du doigt par les experts de l’ONU sur le YĂ©men

Deux jours aprĂšs l’attaque de Dhamar, le Groupe d’éminents experts sur le YĂ©men, crĂ©Ă© en 2017 par le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies pour faire la lumiĂšre sur les violations du droit international commises dans le pays, a documentĂ© dans un rapport une multitude de crimes de guerre commis par l’ensemble des parties au conflit, dont le gouvernement du YĂ©men, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et les Houthis. IntitulĂ© « YĂ©men : Échec collectif, responsabilitĂ© collective Â», le rapport met en lumiĂšre de nombreux cas de raids aĂ©riens visant des civils, d’utilisation d’autres armes explosives en zone peuplĂ©es, de recours Ă  la torture, de disparitions forcĂ©es, de violences sexuelles, d’entraves Ă  l’accĂšs humanitaire et d’utilisation de la faim comme arme de guerre.

Au-delĂ  des parties au conflit, les experts de l’ONU pointent directement la responsabilitĂ© de la France, de l’Iran, du Royaume-Uni et des États-Unis qui, en fournissant du renseignement, un soutien logistique ou des armes aux parties au conflit, pourraient se rendre complices de crimes de guerre. En Ă©cho aux alertes lancĂ©es depuis des annĂ©es par les ONG, les experts rappellent qu’il existe un dĂ©bat sur la lĂ©galitĂ© des transferts d’armes françaises, britanniques et amĂ©ricaines et citent les contentieux en cours. Au Royaume-Uni, le gouvernement a Ă©tĂ© contraint de limiter ses ventes d’armes aprĂšs que la cour d’appel de Londres a jugĂ© illĂ©gal, en juin, le processus d’octroi de licences d’exportations. En France, une procĂ©dure visant Ă  suspendre les licences d’exportations d’armes est toujours en cours devant les juridictions administratives.

Les experts de l’ONU concluent leur rapport en demandant Ă  tous les États de s’abstenir de fournir des armes susceptibles d’ĂȘtre utilisĂ©es dans le conflit au YĂ©men. Les organisations signataires appellent instamment le gouvernement français Ă  suivre ces recommandations et Ă  stopper immĂ©diatement ses transferts d’armement Ă  l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, compte tenu de l’étendue des violations dont ils continuent Ă  se rendre coupables et du risque avĂ©rĂ© que du matĂ©riel militaire français soit utilisĂ© pour les commettre.

Pour ĂȘtre crĂ©dible dans ses efforts pour mettre fin aux souffrances du peuple yĂ©mĂ©nite, la France doit impĂ©rativement lever tout soupçon de complicitĂ© de crimes de guerre et cesser d’alimenter le conflit en armes. AprĂšs prĂšs de 5 ans de guerre, le YĂ©men ne peut plus attendre.

Liste des organisations signataires

  1. ACAT
  2. Action contre la Faim
  3. Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL)
  4. Cairo Institute for Human Rights Studies
  5. CARE France
  6. FIDH (FĂ©dĂ©ration internationale des ligues des droits de l’homme)
  7. Handicap International
  8. Ligue des Droits de l’Homme
  9. MĂ©decins du Monde
  10. Norwegian Refugee Council (NRC)
  11. Observatoire des Armements
  12. Oxfam France
  13. Salam for Yemen
  14. Sherpa
  15. Sisters Arab Forum
  16. SumOfUs
  17. Yemen Solidarity Network

Contacts presse

 

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Appel aux parlementaires de 19 ONG sur le YĂ©men et les ventes d’armes françaises

Mesdames et Messieurs les Député·e·s,
Ce mercredi 10 juillet, la ministre des ArmĂ©es Florence Parly sera auditionnĂ©e par la Commission de la dĂ©fense nationale et des forces armĂ©es de l’AssemblĂ©e nationale pour y prĂ©senter son rapport au Parlement sur les exportations d’armement.
A cette occasion, nous, reprĂ©sentant·e·s d’ONG humanitaires et de dĂ©fense des droits humains, vous appelons solennellement Ă  exercer votre devoir de contrĂŽle de l’action gouvernementale en vous assurant que la France ne viole pas ses engagements internationaux en continuant Ă  exporter des armes Ă  l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.
Ces deux pays sont Ă  la tĂȘte d’une coalition militaire responsable de violations graves et systĂ©matiques du droit international humanitaire contre les civils yĂ©mĂ©nites. Le rapport au Parlement, publiĂ© le 4 juin, indique que l’Arabie saoudite Ă©tait le premier client de l’industrie d’armement française en 2018, en augmentation de 50% par rapport Ă  l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Les Émirats arabes unis Ă©taient, quant Ă  eux, le 5Ăšme client de la France en 2018 et se hissent au 4Ăšme rang sur les dix derniĂšres annĂ©es.
Les Nations Unies et nos ONG ont largement documentĂ© les graves violations commises par l’ensemble des parties au conflit depuis 2014, dont certaines constituent des crimes de guerre. Les forces houthies sont notamment responsables d’attaques indiscriminĂ©es, d’utilisation de mines anti-personnel et d’autres armes explosives en zones peuplĂ©es, de recrutement d’enfants-soldats, de disparitions forcĂ©es et torture, d’entraves Ă  l’aide humanitaire. La coalition dirigĂ©e par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a notamment menĂ© des frappes aĂ©riennes rĂ©pĂ©tĂ©es visant des hĂŽpitaux, des Ă©coles, des marchĂ©s, des funĂ©railles et mĂȘme un bus scolaire rempli d’enfants. Le blocus mis en place par la coalition a exacerbĂ© une crise humanitaire de grande ampleur aux consĂ©quences dramatiques sur la population yĂ©mĂ©nite.
Selon la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, prĂšs des deux tiers des victimes civiles directes du conflit sont imputables aux frappes aĂ©riennes menĂ©es par la coalition dirigĂ©e par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
Face au risque que la France se rende complice de crimes de guerre au YĂ©men, nous avons Ă  maintes reprises appelĂ© le gouvernement Ă  cesser ses exportations d’armes Ă  l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis lorsqu’il existe un risque que ces armes soient utilisĂ©es pour commettre des violations au YĂ©men. Jusqu’à prĂ©sent, nos appels n’ont pas Ă©tĂ© entendus : le gouvernement français a non seulement poursuivi, mais aussi augmentĂ© ses livraisons d’armes Ă  des forces militaires responsables de multiples abus.
Ces questions revĂȘtent un caractĂšre d’urgence Ă  la lumiĂšre des Ă©vĂ©nements de ces derniĂšres semaines en France, alors que le sort des populations civiles au YĂ©men ne fait qu’empirer.
Une note confidentielle de la Direction du renseignement militaire français, publiĂ©e le 15 avril par le site d’investigation Disclose, atteste du risque Ă©levĂ© que du matĂ©riel militaire français soit utilisĂ© contre des civils yĂ©mĂ©nites. Une carte illustrant le rayon d’action de canons Caesar dĂ©ployĂ©s par l’Arabie saoudite le long de sa frontiĂšre avec le YĂ©men Ă©tablit notamment que « 436 370 personnes » sont « potentiellement concernĂ©es par de possibles frappes d’artillerie ».
Suite Ă  ces rĂ©vĂ©lations, deux cargos saoudiens venus charger des armes françaises au Havre et Ă  Fos-sur-Mer ont Ă©tĂ© contraints de faire demi-tour sans leur livraison face Ă  la mobilisation sans prĂ©cĂ©dent de la sociĂ©tĂ© civile et d’élus. Dans le mĂȘme temps, deux enquĂȘtes journalistiques illustraient l’opacitĂ© qui entoure les ventes d’armes françaises (« Mon pays vend des armes », livre d’Anne Poiret et « Crimes de guerre au YĂ©men : les complicitĂ©s europĂ©ennes », documentaire d’Alexandra Jousset).
Dans ce contexte, le rapport au Parlement sur les exportations d’armement, prĂ©sentĂ© par la ministre des ArmĂ©es comme un exercice visant Ă  rĂ©pondre Ă  « l’exigence dĂ©mocratique » et au « besoin de transparence » des Français, devrait ĂȘtre l’occasion d’apporter des rĂ©ponses claires aux inquiĂ©tudes lĂ©gitimes d’un nombre croissant de parlementaires, de dockers, de salariĂ©s de l’industrie d’armement et, plus largement, de citoyens.
Au lieu de cela, le gouvernement français laisse en fait de nombreuses questions cruciales sans
réponses. Que vend exactement la France et à qui ? Quelles sont les utilisations finales de ces
armements ? Quelles garanties la France a-t-elle que ces armes ne servent pas Ă  commettre des
violations au YĂ©men ? Quelles sont les licences d’exportations qui ont Ă©tĂ© refusĂ©es et pour quels
risques identifiés ?
Sans ces informations, il nous apparaĂźt que le Parlement n’est pas en mesure d’exercer son devoir de contrĂŽle ni de s’assurer de la conformitĂ© des ventes d’armes françaises avec les obligations internationales de la France au titre du TraitĂ© sur le commerce des armes et de la Position commune de l’Union europĂ©enne sur les exportations d’armement.
Dans un nombre croissant de pays, la guerre au Yémen pousse les gouvernements à réviser leur
politique d’exportation d’armement. L’Allemagne, le Danemark, la NorvĂšge, la Finlande ont Ă©tĂ© les premiers Ă  stopper ou limiter leurs ventes d’armes. En Belgique et au Royaume-Uni, la justice, saisie par les ONG, a contraint les gouvernements Ă  revoir leurs exportations vers l’Arabie saoudite. Aux Etats-Unis et en Italie, les parlementaires ont lĂ©gifĂ©rĂ© pour bloquer le transfert de certains matĂ©riels militaires.
Pourquoi la France ne suit-elle pas l’exemple de ses partenaires ?
Face Ă  l’inaction du gouvernement, nous vous exhortons, Mesdames et Messieurs les DĂ©putĂ©-e-s, Ă  exiger de l’exĂ©cutif des rĂ©ponses claires sur l’usage des armes vendues par la France et le respect de ses obligations internationales. Ce qui est en jeu n’est rien d’autre que la crĂ©dibilitĂ© de la France sur la scĂšne internationale.
Nous vous demandons notamment de :
‱ Demander l’arrĂȘt immĂ©diat des transferts d’armes Ă  l’Arabie saoudite, ainsi qu’aux Émirats
arabes unis quand il existe un risque qu’elles soient utilisĂ©es dans des violations au YĂ©men.
‱ Soutenir la crĂ©ation d’une commission d’enquĂȘte parlementaire sur le respect par la France
de ses engagements internationaux dans le cadre du conflit au YĂ©men.
‱ AmĂ©liorer de façon dĂ©cisive la transparence relative aux ventes d’armes, notamment en
établissant un véritable contrÎle parlementaire des exportations, comme le souhaitent 72%
des Français selon un récent sondage YouGov.
Veuillez agrĂ©er, Mesdames et Messieurs les DĂ©puté·e·s, l’expression de nos salutations distinguĂ©es.
Liste des ONG signataires :
1. ACAT
2. Action Contre la Faim (ACF)
3. Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL)
4. Amnesty International France
5. Avaaz
6. CARE France
7. FĂ©dĂ©ration internationales des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
8. Handicap International
9. Human Rights Watch
10. Ligue des droits de l’Homme (LDH)
11. MĂ©decins du Monde
12. Observatoire des armements
13. Oxfam France
14. PremiĂšre Urgence Internationale
15. Salam for Yemen
16. Sherpa
17. STAND France
18. SumOfUs
19. Yemen Solidarity Network

Download PDF : Lettre deputés Yemen juillet 2019

DIE-IN YĂ©men, Le 29 juin 2019 A 18h00 – Place de l’Alma vers la flamme de la liberté – MĂ©tro Alma-Marceau

English below

Communiqué

Depuis plus de quatre années, le Yémen est en proie à une guerre injuste et criminelle.

Depuis plus de quatre annĂ©es, SalamForYemen aux cĂŽtĂ©s de nombreuses associations et ONG se bat pour sensibiliser l’opinion publique et pousser les dĂ©cideurs Ă  agir pour mettre fin Ă  cette guerre.

La coalition Saoudienne-Emiratie continue de bombarder les populations civiles, les combats continuent du nord au sud entre les diffĂ©rentes factions. Le pays est ravagĂ© par les combats et les bombardements et la population souffre plus que jamais du blocus qui chaque jour renforce la mal-nutrition (14 millions de yĂ©mĂ©nites sont au bord de la famine selon l’ONU) et le manque de soins mĂ©dicaux. RĂ©cemment, le bombardement aĂ©rien d’un quartier rĂ©sidentiel de Sanaa (Raqas) a causĂ© la mort de cinq mineurs (16 mai 2019) et d’un adulte.

Notre mobilisation sans relĂąche est plus que jamais nĂ©cessaire. C’est pourquoi Salam for YĂ©men organise un nouvel Ă©vĂšnement en hommage aux victimes civiles de la guerre :

DIE-IN YĂ©men,

L’évĂšnement dĂ©butera avec plusieurs prises de paroles, puis nous nous allongerons en silence, vĂȘtus de blanc, pour symboliquement montrer au public les ravages de la guerre sur les populations.

Un bruit de bombardement aĂ©rien, Ă  l’image de ceux qui terrorisent les YĂ©mĂ©nites, indiquera le dĂ©part du happening. Durant trois minutes nous resterons couchĂ©s dans le silence en hommage aux milliers des civils mortes des suites de la guerre*

Nous devons continuer notre combat tous ensemble, Ă  l’image des dockers de Marseille qui ont refusĂ© de charger toutes marchandises servant Ă  faire la guerre au YĂ©men ;

Soyons solidaires pour faire cesser cette guerre criminelle.

*233,000 morts (estimations UNDP).

 

DIE-IN Yemen, June 29, 2019 At 6 pm in Paris France 

Place :Alma Square towards the flame of freedom

Metro Alma-Marceau

For more than four years, Yemen đŸ‡ŸđŸ‡Ș has been the victim of an unjust and criminal war.

For more than four years, SalamForYemen, along with many associations and NGOs, has been fighting to raise public awareness and urge policymakers to take action to end this war.

The Saudi-Emirate coalition continues to bomb civilian populations, fighting continues in the north, ouest and south between factions.

The country is ravaged by fighting and shelling, and the population suffers more than ever from the blockade that daily reinforces malnutrition (14 million Yemenis are on the verge of starvation according to the UN) and the lack of medical care.  Recently, the aerial bombardment of a residential area of ​​Sanaa (Raqas) caused the death of five minors (May 16, 2019) and one adult.

Our relentless mobilization is needed more than ever.  This is why Salam for Yemen is organizing a new event in tribute to the civilian victims of the war:

DIE-IN Yemen,

The event will begin with several speeches, then we will lie in silence, dressed in white, to symbolically show the public the ravages of war on people.

An air bombardment noise, like those who terrorize Yemenis, will indicate the beginning of the happening.  For three minutes we will remain in silence in tribute to the thousands of civilians who died as a result of the war.

We must continue our fight together, just like the Marseille dockers who refused to load all the goods used to make war on Yemen;

Let us stand together to stop this criminal war.

* 233,000 dead (UNDP estimates).

 

 

17 ONG dĂ©noncent les menaces de poursuites contre des journalistes enquĂȘtant sur les armes françaises au YĂ©men

Paris, le 13 mai 2019 – 17 ONG humanitaires et de dĂ©fense des droits humains ont dĂ©noncĂ© aujourd’hui les menaces qui pĂšsent sur la libertĂ© de la presse aprĂšs la convocation par les services de renseignement français de trois journalistes français ayant enquĂȘtĂ© sur la prĂ©sence d’armes françaises dans le conflit au YĂ©men.

Geoffrey Livolsi et Mathias Destal du mĂ©dia d’investigation Disclose, ainsi que BenoĂźt Collombat de la cellule investigation de Radio France, sont entendus mardi et mercredi par la Direction gĂ©nĂ©rale de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure (DGSI) dans le cadre d’une enquĂȘte prĂ©liminaire pour «compromission du secret de la dĂ©fense nationale» ouverte par le parquet de Paris aprĂšs le dĂ©pĂŽt d’une plainte par le ministĂšre des ArmĂ©es.

Le 15 avril dernier, Disclose et ses partenaires ont publiĂ© des notes classĂ©es « confidentiel dĂ©fense Â» de la Direction du renseignement militaire (DRM) confirmant ce que nos ONG mettent en lumiĂšre depuis des mois (notamment l’ACAT, Amnesty International, la FIDH et l’Observatoire des armements) : les Ă©quipements militaires français achetĂ©s par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis sont engagĂ©s dans la guerre au YĂ©men, avec un risque majeur d’ utilisation dans des attaques illĂ©gales contre des populations civiles.

Les documents rĂ©vĂ©lĂ©s par Disclose montrent Ă©galement que les autoritĂ©s françaises n’ont aucune certitude sur l’utilisation qui est faite des armes françaises, contrairement aux assurances encore affichĂ©es ces derniers jours par le PrĂ©sident de la RĂ©publique, la ministre des ArmĂ©es et le ministre de l’Europe et des Affaires Ă©trangĂšres, pourtant destinataires des notes de la DRM.

Depuis le 15 avril, Disclose a continuĂ© Ă   enquĂȘter sur les armes françaises au YĂ©men en rĂ©vĂ©lant l’arrivĂ©e au Havre d’un cargo saoudien venu charger du matĂ©riel militaire français. L’information, que  la ministre des ArmĂ©es Florence Parly a Ă©tĂ© contrainte de confirmer, a suscitĂ© une forte mobilisation de nos ONG et de parlementaires, et le navire a finalement quittĂ© la France vendredi dernier sans la cargaison prĂ©vue.

Les ONG signataires de cet appel estiment que les informations rĂ©vĂ©lĂ©es par Disclose et ses partenaires sont d’un intĂ©rĂȘt public essentiel. Elles confirment le risque majeur que des armes de fabrication française soient utilisĂ©es dans des crimes de guerre au YĂ©men, en contradiction avec les obligations internationales de la France au regard du TraitĂ© sur le commerce des armes, dont la France est par ailleurs l’un des principaux dĂ©fenseurs, et de la Position commune 2008/944/PESC de l’Union europĂ©enne.

Dans ces conditions, la menace de poursuites contre les trois journalistes, réaffirmée la semaine derniÚre par Florence Parly, constitue une atteinte inacceptable à la liberté de la presse et la protection des sources journalistiques.

BenoĂźt Collombat, Mathias Destal, Geoffrey Livolsi sont inquiĂ©tĂ©s pour avoir exercĂ© leur mĂ©tier, celui d’informer le public, de maniĂšre responsable, sans rĂ©vĂ©ler d’opĂ©rations militaires françaises en cours ni mettre aucun personnel français en danger.

Les ONG signataires expriment leur totale solidaritĂ© avec les trois journalistes convoquĂ©s cette semaine. Elles demandent au ministre de l’IntĂ©rieur, Ă  la ministre des ArmĂ©es et au ministre de l’Europe et des Affaires Ă©trangĂšres de cesser les intimidations contre la presse et de respecter le secret des sources.  

Signataires :

  1. ACAT
  2. Action Contre la Faim
  3. AIDL, Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés
  4. Amnesty International
  5. CARE France
  6. Collectif Solidarité Yémen / Yemen Solidarity Coalition
  7. FĂ©dĂ©ration Internationale des Ligues Droits de l’Homme (FIDH)
  8. Handicap International (HI)
  9. Human Right Watch
  10. Ligue des Droits de l’Homme (LDH)
  11. MĂ©decins du monde
  12. Observatoire des Armements
  13. Oxfam France
  14. Salam for Yemen
  15. STAND France, Mouvement étudiant de lutte contre les génocides et crimes de masse
  16. Sherpa
  17. SumOfUs

Contacts presse :

ACAT : Miriam Chfiri, 01 40 40 40 24, mariam.chfiri@acatfrance.fr

Action contre la Faim : Maryna Chebat, 06 49 10 83 65,  mchebat@actioncontrelafaim.org

FIDH : Samuel Hanryon, 06 72 28 42 94, shanryon@fidh.org

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AprĂšs quatre ans de guerre au YĂ©men, 25 ONG yĂ©mĂ©nites et internationales demandent Ă  l’Allemagne d’étendre son moratoire sur les exportations d’armement Ă  l’Arabie saoudite

Madame la ChanceliĂšre Angela Merkel

Willy-Brandt-Strasse 1

10557 Berlin

Germany

Le 26 mars 2019.

AprĂšs quatre ans de guerre au YĂ©men, 25 ONG yĂ©mĂ©nites et internationales demandent Ă  l’Allemagne d’étendre son moratoire sur les exportations d’armement Ă  l’Arabie saoudite

Madame la ChanceliĂšre,

En tant qu’organisations Ɠuvrant Ă  la protection des civils dans les conflits armĂ©s, nous vous demandons de prolonger le moratoire sur licences d’exportation d’armes vers l’Arabie saoudite qui sont utilisĂ©es dans le contexte du conflit au YĂ©men. Cette dĂ©cision serait conforme aux obligations lĂ©gales de l’Allemagne et permettrait Ă  l’Allemagne de rejoindre un nombre croissant de ses voisins europĂ©ens.

En mars 2018, l’Allemagne a rejoint plusieurs États europĂ©ens, dont l’Autriche, la Belgique le Danemark, la Finlande, l’Irlande, les Pays-Bas, la NorvĂšge, la SuĂšde et la Suisse et a annoncĂ© qu’elle refuserait le transfert de nouvelle licences Ă  l’Arabie saoudite. Cela a bloquĂ© l’exportation de certaines armes produites par la France et le Royaume-Uni qui nĂ©cessitent des piĂšces et composants d’origine allemande.

Parmi les Etats membres de l’Union europĂ©enne, la France et le Royaume-Uni sont de plus en plus isolĂ©s dans leur refus d’envisager d’interrompre la vente de composants d’armes Ă  la coalition. PlutĂŽt que d’entreprendre des actions qui aideraient Ă  mettre fin aux atrocitĂ©s au YĂ©men, la France et le Royaume-Uni ont publiquement critiquĂ© la dĂ©cision prise par l’Allemagne et vous ont encouragĂ© Ă  reprendre les exportations d’armes vers l’Arabie saoudite. Cela risquerait d’affaiblir les normes internationales en matiĂšre de contrĂŽle des armements et pourrait constituer une violation des obligations dĂ©coulant Ă  la fois du TraitĂ© sur le commerce des armes (TCA), notamment celle de « respecter et faire respecter le droit international humanitaire Â» pour « prĂ©venir la souffrance humaine Â» ; celles de la Position commune de l’Union europĂ©enne sur les exportations d’armes, qui impose aux États membres de faire respecter par ce pays le droit international humanitaire du pays destinataire ; et enfin celles du droit national allemand.

Mettre fin aux exportations d’armes Ă  l’ensemble des parties au conflit au YĂ©men est la seule position qui soit conforme aux obligations europĂ©ennes et internationales, notamment le TCA et la position commune, ainsi qu’au droit international humanitaire et au droit international des droits humains.

Depuis le 26 mars 2015, date Ă  laquelle la coalition menĂ©e par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a lancĂ© son intervention militaire au YĂ©men, la coalition a menĂ© plus de 19 000 frappes aĂ©riennes, soit une toutes les 106 minutes. Des frappes ont rĂ©guliĂšrement visĂ© les civils et les infrastructures civiles ; dans son rapport 2019, le Groupe d’experts des Nations Unies sur le YĂ©men, qui a documentĂ© de graves violations commises par les Houthis, a Ă©galement conclu que les mesures de prĂ©caution prises par les Saoudiens et les Émiratis ont Ă©tĂ© « largement insuffisantes et inefficaces Â» pour protĂ©ger les civils.

Par ailleurs, les restrictions imposĂ©es par la coalition sur les importations vitales de nourriture, de mĂ©dicaments et de carburant ont grandement contribuĂ© Ă  ce que l’ONU a qualifiĂ© de « pire crise humanitaire du monde Â». Vingt-quatre millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, 10 millions sont au bord de la famine. De plus, tout au long du conflit, les frappes aĂ©riennes de la coalition ont dĂ©truit des installations de traitement de l’eau, des gazoducs et les principaux moyens de transport, entravant l’accĂšs Ă  l’eau potable. Il y a eu 1,3 million de cas soupçonnĂ©s de cholĂ©ra – la pire Ă©pidĂ©mie de l’histoire moderne.

La coalition menĂ©e par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a en outre visĂ© des installations mĂ©dicales et du personnel mĂ©dical, qui jouent un rĂŽle vital pour venir en aide aux populations civiles dans le besoin. Les frappes aĂ©riennes ont endommagĂ© ou dĂ©truit des hĂŽpitaux et des cliniques, Ă  un moment oĂč les besoins de soins d’urgence Ă©taient dĂ©cuplĂ©s. Des frappes aĂ©riennes ont Ă©galement touchĂ© d’autres infrastructures civiles essentielles Ă  la protection de la santĂ© et du bien-ĂȘtre des civils au YĂ©men.

Nous espĂ©rons que l’Allemagne continuera Ă  adopter une position de principe qui soit conforme Ă  ses obligations juridiques, notamment en vertu du droit allemand interdisant l’exportation d’armes, y compris de piĂšces de rechange et de composants, lorsqu’il existe un risque majeur que ces derniĂšres soient utilisĂ©es pour commettre ou faciliter des violations du droit international humanitaire et des droits humains. La conduite de la guerre au YĂ©men par la coalition depuis 2015 a clairement dĂ©montrĂ© ces risques.

Nous espĂ©rons que, pendant sa prĂ©sidence du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, en avril, l’Allemagne fera preuve de la mĂȘme exemplaritĂ©. La rĂ©union selon la formule Arria, organisĂ©e le 1er avril par la France et l’Allemagne au cours de leurs prĂ©sidences successives du Conseil de sĂ©curitĂ©, consacrĂ©e Ă  la protection du personnel et des installations humanitaires et mĂ©dicales et Ă  la protection plus large des civils dans les conflits armĂ©s, marque une Ă©tape importante. Il est essentiel que l’Allemagne utilise tous les moyens dont elle dispose pendant et aprĂšs sa prĂ©sidence du Conseil, notamment des dĂ©clarations, rĂ©unions et rĂ©solutions, pour mieux protĂ©ger le droit des populations civiles et faire en sorte que toutes les parties responsables de violations du droit international au YĂ©men rendent des comptes.

Nous vous prions de recevoir, Madame la ChanceliĂšre, nos salutations les plus respectueuses.

Signataires :

  1. Action Contre la Faim (ACF)
  2. Action des ChrĂ©tiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT)
  3. Action on Armed Violence
  4. Alliance Internationales pour la Défense des Droits et des Libertés (AIDL)
  5. Awam Foundation for Development and Culture
  6. CARE
  7. Center for Civilian in Conflict (CIVIC)
  8. Chrisian Aid
  9. FĂ©dĂ©ration Internationale des Droits de l’Homme (FIDH)
  10. Global Centre for the Responsibility to Protect
  11. Handicap International (HI)
  12. Human Right Watch
  13. Human Rights Clinic, Columbia Law School
  14. MĂ©decins du Monde
  15. Mwatana fro Human Rights
  16. Norwegian Refugee Council (NRC)
  17. Observatoire des armements
  18. Physicians for Human Rights
  19. Salam for Yemen
  20. Sisters Arab Forum for Human Rights
  21. STAND: The Student-Led Mouvement to End Mass Atrocities, Etats-Unis, Grande-Bretagne et France
  22. The Yemen Peace Project
  23. Volunteers for Peace and Culture
  24. War Child
  25. Wogood for Human Security

 

Copie envoyée à :

Monsieur Heiko Maas, Ministre des Affaires Ă©trangĂšres de l’Allemagne

Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil de SĂ©curitĂ© de l’ONU

Télécharger la Lettre de 25 ONG à Angela Merkel

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Salam, une guerre en exil / Salam, the war in exile

***English below***

Le 26 mars 2019 marque le dĂ©but de la cinquiĂšme annĂ©e des opĂ©rations de la coalition menĂ©e par l’Arabie Saoudite au YĂ©men. Quatre ans que la guerre ravage le pays dans l’indiffĂ©rence et que l’embargo menĂ© par la coalition prive les populations de nourriture et de mĂ©dicaments. Aujourd’hui, le YĂ©men fait face Ă  la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU.

MalgrĂ© ce constat alarmant, l’Arabie Saoudite continue Ă  commettre des violations des droits de l’homme de façon systĂ©matique et gĂ©nĂ©ralisĂ©e au YĂ©men. La France, elle, maintient ses ventes, faisant d’elle le troisiĂšme fournisseur d’armes de l’Arabie Saoudite.

Dans ce contexte, Salam For Yemen s’est associĂ© Ă  la photographe Aline Deschamps qui a crĂ©Ă© un projet photographique.

« Salam – une guerre en exil » interroge les citoyens yĂ©mĂ©nites habitant Ă  Paris sur leurs sentiments face Ă  cette guerre qui s’immisce dans leur quotidien.

Aux souffrances liĂ©es Ă  la guerre, s’ajoutent celles de l’exil imposĂ©, de la solitude, du sentiment d’impuissance et d’injustice.

Une rĂ©flexion Ă  la fois sur la question identitaire et sur les moyens de rĂ©silience d’une communautĂ© coupĂ©e de ses racines.

RĂ©fugiĂ©s, exilĂ©s ou nĂ©s en France, tous partagent l’espoir de retrouver leur pays et leurs proches. La diaspora yĂ©mĂ©nite est ainsi rĂ©vĂ©lĂ©e, avec sa pluralitĂ© de parcours et de tĂ©moignages, afin de sensibiliser le grand public sur les ravages de la guerre et sur l’urgence humanitaire au YĂ©men.

Pour visionner la série complÚte : http://www.alinedeschamps.com/salam-the-war-in-exile

Amis du YĂ©men, nous vous invitons Ă  partager cet outil de plaidoyer le 26 mars 2019, afin que ce triste anniversaire ne tombe pas dans l’indiffĂ©rence,

Merci

salam-presse-contact

Today, March 26th 2019, marks the fourth year of operations of the Saudi-led coalition in Yemen. Four years that war devastates the country in indifference. Today, Yemen faces “the worst humanitarian crisis in the world” according to the UN.

However, Saudi Arabia continues to commit systematic and widespread human rights violations in Yemen. While France, maintains its weapon sales, making it the third arms supplier of Saudi Arabia.

In this context, Salam For Yemen partnered with the photographer Aline Deschamps to create a photo series.

“Salam – a war in exile” questions Yemeni citizens living in Paris about their feelings about this war that interferes with their daily lives.

In addition to the sufferings of war, they share stories of their imposed exile, loneliness, feelings of helplessness and injustice.

A double reflection on the question of identity and the means of resilience of a community cut off from its roots.

To view the complete series: http://www.alinedeschamps.com/salam-the-war-in-exile

Friends of Yemen, we invite you to share this advocacy tool on March 26, 2019, so that this sad anniversary does not fall into indifference,

Thank you