Appel aux parlementaires de 19 ONG sur le Yémen et les ventes d’armes françaises

Mesdames et Messieurs les Député·e·s,
Ce mercredi 10 juillet, la ministre des Armées Florence Parly sera auditionnée par la Commission de la défense nationale et des forces armées de l’Assemblée nationale pour y présenter son rapport au Parlement sur les exportations d’armement.
A cette occasion, nous, représentant·e·s d’ONG humanitaires et de défense des droits humains, vous appelons solennellement à exercer votre devoir de contrôle de l’action gouvernementale en vous assurant que la France ne viole pas ses engagements internationaux en continuant à exporter des armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.
Ces deux pays sont à la tête d’une coalition militaire responsable de violations graves et systématiques du droit international humanitaire contre les civils yéménites. Le rapport au Parlement, publié le 4 juin, indique que l’Arabie saoudite était le premier client de l’industrie d’armement française en 2018, en augmentation de 50% par rapport à l’année précédente. Les Émirats arabes unis étaient, quant à eux, le 5ème client de la France en 2018 et se hissent au 4ème rang sur les dix dernières années.
Les Nations Unies et nos ONG ont largement documenté les graves violations commises par l’ensemble des parties au conflit depuis 2014, dont certaines constituent des crimes de guerre. Les forces houthies sont notamment responsables d’attaques indiscriminées, d’utilisation de mines anti-personnel et d’autres armes explosives en zones peuplées, de recrutement d’enfants-soldats, de disparitions forcées et torture, d’entraves à l’aide humanitaire. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis a notamment mené des frappes aériennes répétées visant des hôpitaux, des écoles, des marchés, des funérailles et même un bus scolaire rempli d’enfants. Le blocus mis en place par la coalition a exacerbé une crise humanitaire de grande ampleur aux conséquences dramatiques sur la population yéménite.
Selon la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, près des deux tiers des victimes civiles directes du conflit sont imputables aux frappes aériennes menées par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.
Face au risque que la France se rende complice de crimes de guerre au Yémen, nous avons à maintes reprises appelé le gouvernement à cesser ses exportations d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis lorsqu’il existe un risque que ces armes soient utilisées pour commettre des violations au Yémen. Jusqu’à présent, nos appels n’ont pas été entendus : le gouvernement français a non seulement poursuivi, mais aussi augmenté ses livraisons d’armes à des forces militaires responsables de multiples abus.
Ces questions revêtent un caractère d’urgence à la lumière des événements de ces dernières semaines en France, alors que le sort des populations civiles au Yémen ne fait qu’empirer.
Une note confidentielle de la Direction du renseignement militaire français, publiée le 15 avril par le site d’investigation Disclose, atteste du risque élevé que du matériel militaire français soit utilisé contre des civils yéménites. Une carte illustrant le rayon d’action de canons Caesar déployés par l’Arabie saoudite le long de sa frontière avec le Yémen établit notamment que « 436 370 personnes » sont « potentiellement concernées par de possibles frappes d’artillerie ».
Suite à ces révélations, deux cargos saoudiens venus charger des armes françaises au Havre et à Fos-sur-Mer ont été contraints de faire demi-tour sans leur livraison face à la mobilisation sans précédent de la société civile et d’élus. Dans le même temps, deux enquêtes journalistiques illustraient l’opacité qui entoure les ventes d’armes françaises (« Mon pays vend des armes », livre d’Anne Poiret et « Crimes de guerre au Yémen : les complicités européennes », documentaire d’Alexandra Jousset).
Dans ce contexte, le rapport au Parlement sur les exportations d’armement, présenté par la ministre des Armées comme un exercice visant à répondre à « l’exigence démocratique » et au « besoin de transparence » des Français, devrait être l’occasion d’apporter des réponses claires aux inquiétudes légitimes d’un nombre croissant de parlementaires, de dockers, de salariés de l’industrie d’armement et, plus largement, de citoyens.
Au lieu de cela, le gouvernement français laisse en fait de nombreuses questions cruciales sans
réponses. Que vend exactement la France et à qui ? Quelles sont les utilisations finales de ces
armements ? Quelles garanties la France a-t-elle que ces armes ne servent pas à commettre des
violations au Yémen ? Quelles sont les licences d’exportations qui ont été refusées et pour quels
risques identifiés ?
Sans ces informations, il nous apparaît que le Parlement n’est pas en mesure d’exercer son devoir de contrôle ni de s’assurer de la conformité des ventes d’armes françaises avec les obligations internationales de la France au titre du Traité sur le commerce des armes et de la Position commune de l’Union européenne sur les exportations d’armement.
Dans un nombre croissant de pays, la guerre au Yémen pousse les gouvernements à réviser leur
politique d’exportation d’armement. L’Allemagne, le Danemark, la Norvège, la Finlande ont été les premiers à stopper ou limiter leurs ventes d’armes. En Belgique et au Royaume-Uni, la justice, saisie par les ONG, a contraint les gouvernements à revoir leurs exportations vers l’Arabie saoudite. Aux Etats-Unis et en Italie, les parlementaires ont légiféré pour bloquer le transfert de certains matériels militaires.
Pourquoi la France ne suit-elle pas l’exemple de ses partenaires ?
Face à l’inaction du gouvernement, nous vous exhortons, Mesdames et Messieurs les Député-e-s, à exiger de l’exécutif des réponses claires sur l’usage des armes vendues par la France et le respect de ses obligations internationales. Ce qui est en jeu n’est rien d’autre que la crédibilité de la France sur la scène internationale.
Nous vous demandons notamment de :
• Demander l’arrêt immédiat des transferts d’armes à l’Arabie saoudite, ainsi qu’aux Émirats
arabes unis quand il existe un risque qu’elles soient utilisées dans des violations au Yémen.
• Soutenir la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le respect par la France
de ses engagements internationaux dans le cadre du conflit au Yémen.
• Améliorer de façon décisive la transparence relative aux ventes d’armes, notamment en
établissant un véritable contrôle parlementaire des exportations, comme le souhaitent 72%
des Français selon un récent sondage YouGov.
Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Député·e·s, l’expression de nos salutations distinguées.
Liste des ONG signataires :
1. ACAT
2. Action Contre la Faim (ACF)
3. Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL)
4. Amnesty International France
5. Avaaz
6. CARE France
7. Fédération internationales des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
8. Handicap International
9. Human Rights Watch
10. Ligue des droits de l’Homme (LDH)
11. Médecins du Monde
12. Observatoire des armements
13. Oxfam France
14. Première Urgence Internationale
15. Salam for Yemen
16. Sherpa
17. STAND France
18. SumOfUs
19. Yemen Solidarity Network

Download PDF : Lettre deputés Yemen juillet 2019

Salam, une guerre en exil / Salam, the war in exile

***English below***

Le 26 mars 2019 marque le début de la cinquième année des opérations de la coalition menée par l’Arabie Saoudite au Yémen. Quatre ans que la guerre ravage le pays dans l’indifférence et que l’embargo mené par la coalition prive les populations de nourriture et de médicaments. Aujourd’hui, le Yémen fait face à la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU.

Malgré ce constat alarmant, l’Arabie Saoudite continue à commettre des violations des droits de l’homme de façon systématique et généralisée au Yémen. La France, elle, maintient ses ventes, faisant d’elle le troisième fournisseur d’armes de l’Arabie Saoudite.

Dans ce contexte, Salam For Yemen s’est associé à la photographe Aline Deschamps qui a créé un projet photographique.

« Salam – une guerre en exil » interroge les citoyens yéménites habitant à Paris sur leurs sentiments face à cette guerre qui s’immisce dans leur quotidien.

Aux souffrances liées à la guerre, s’ajoutent celles de l’exil imposé, de la solitude, du sentiment d’impuissance et d’injustice.

Une réflexion à la fois sur la question identitaire et sur les moyens de résilience d’une communauté coupée de ses racines.

Réfugiés, exilés ou nés en France, tous partagent l’espoir de retrouver leur pays et leurs proches. La diaspora yéménite est ainsi révélée, avec sa pluralité de parcours et de témoignages, afin de sensibiliser le grand public sur les ravages de la guerre et sur l’urgence humanitaire au Yémen.

Pour visionner la série complète : http://www.alinedeschamps.com/salam-the-war-in-exile

Amis du Yémen, nous vous invitons à partager cet outil de plaidoyer le 26 mars 2019, afin que ce triste anniversaire ne tombe pas dans l’indifférence,

Merci

salam-presse-contact

Today, March 26th 2019, marks the fourth year of operations of the Saudi-led coalition in Yemen. Four years that war devastates the country in indifference. Today, Yemen faces “the worst humanitarian crisis in the world” according to the UN.

However, Saudi Arabia continues to commit systematic and widespread human rights violations in Yemen. While France, maintains its weapon sales, making it the third arms supplier of Saudi Arabia.

In this context, Salam For Yemen partnered with the photographer Aline Deschamps to create a photo series.

“Salam – a war in exile” questions Yemeni citizens living in Paris about their feelings about this war that interferes with their daily lives.

In addition to the sufferings of war, they share stories of their imposed exile, loneliness, feelings of helplessness and injustice.

A double reflection on the question of identity and the means of resilience of a community cut off from its roots.

To view the complete series: http://www.alinedeschamps.com/salam-the-war-in-exile

Friends of Yemen, we invite you to share this advocacy tool on March 26, 2019, so that this sad anniversary does not fall into indifference,

Thank you

 

35 organisations yéménites et internationales appellent à une cessation immédiate des hostilités au Yémen

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Paris, le 7 novembre 2018 En tant qu’organisations humanitaires et de défense des droits humains travaillant au Yémen, nous saluons le rassemblement sans précédent à Paris d’élus venus du monde entier, toutes tendances confondues, à l’occasion de la première Conférence parlementaire internationale pour la paix au Yémen, pour exiger de leurs gouvernements qu’ils travaillent ensemble pour mettre fin à la crise. 14 millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont menacés de famine au Yémen – la moitié de la population du pays. Plus que jamais, il est urgent d’agir.

Nous appelons les gouvernements à garantir une cessation immédiate des hostilités, à suspendre la fourniture d’armes susceptibles d’être utilisées au Yémen, à garantir le libre accès et la libre circulation des importations vitales pour la population yéménite, à condamner toute attaque contre des civils et autres violations du droit international humanitaire par quelque partie que ce soit et à soutenir les enquêtes internationales sur ces violations, notamment le travail du Groupe d’éminents experts de l’ONU sur le Yémen.

Les événements de ces dernières semaines ont ajouté à une série d’exemples de non-respect par l’Arabie saoudite des règles du système international et ont à nouveau mis en lumière la nécessité pour la communauté internationale, en particulier les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, de réévaluer leur partenariat avec Riyad. Tout fournisseur d’armes à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis a la responsabilité morale et juridique de veiller à ce que la coalition respecte le droit international humanitaire au Yémen. Compte tenu des attaques illégales contre des civils perpétrées par l’ensemble des parties au conflit, largement documentées par le Groupe d’éminents experts des Nations Unies, nous joignons nos voix à celles d’un million de citoyens du monde entier et réitérons l’appel que nous lançons depuis des années à tous les gouvernements de suspendre les transferts d’armes qui risquent d’être utilisées au Yémen.

La crise humanitaire au Yémen n’est pas le produit d’une catastrophe naturelle. Elle est la conséquence directe des restrictions sévères imposées par les parties au conflit à l’accès à la nourriture, au carburant, aux importations médicales et à l’aide humanitaire. L’effondrement du Rial yéménite et le non-paiement des salaires des fonctionnaires ne font qu’empirer les choses. En outre, le nombre de victimes civiles a augmenté de façon spectaculaire depuis juin (450 ont été tués en neuf jours seulement en août) et les violences contre les femmes et les filles se sont considérablement intensifiées depuis l’escalade du conflit. Nous appelons les gouvernements à redoubler d’efforts pour garantir le libre accès aux produits de première nécessité (notamment le carburant) dans l’ensemble du pays, y compris via le port crucial de Hodeidah, où les civils sont pris au piège des nouveaux combats de ces derniers jours. Toute attaque indiscriminée contre des civils et des infrastructures civiles et toute autre violation du droit international humanitaire par quelque partie que ce soit doit être publiquement condamnée par la communauté internationale.

Les parlementaires ont la responsabilité particulière de représenter la voix de leurs électeurs et de demander des comptes à leur gouvernement. A la veille du premier Forum de Paris sur la paix, convoqué par le Président Macron pour promouvoir la paix et améliorer la gouvernance mondiale, nous espérons que cette conférence sera un signal d’alarme. Il n’y a pas de solution militaire à la guerre au Yémen. Seul un processus de paix inclusif peut résoudre la crise humanitaire.

Après presque quatre ans de conflit, les Yéménites ne peuvent plus attendre.

Liste des signataires :

  1. ACAT
  2. Action Contre la Faim
  3. Asociacion pro Derechos Humanos de Espana
  4. Avaaz
  5. CARE International
  6. Cairo Institute for Human Rights Studies
  7. Committe on the Administration of Justice
  8. Control Arms
  9. Friends Committee on National Legislation
  10. FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme)
  11. Finnish League for Human Rights
  12. Global Center for the Responsability to Protect
  13. Gulf Centre for Human Rights
  14. Handicap International
  15. Hellenic League for Human Rights
  16. International Rescue Committee Europe
  17. Latvian Human Rights Committee
  18. Ligue des Droits de l’Homme
  19. Ligue Belge (Francophone) des Droits de l’Homme
  20. Liga voor de Rechten van de Mens
  21. Médecins du Monde
  22. Mercy Corps
  23. Mwatana Organization for Human Rights (Yemen)
  24. Norwegian Refugee Council
  25. Observatoire des Armements
  26. Oxfam
  27. PAX (the Netherlands)
  28. Physicians for Human Rights
  29. Sisters Arab Forum for Human Rights (Yemen)
  30. Saferworld
  31. Salam for Yemen
  32. Save the Children
  33. SumOfUs
  34. War Child
  35. Yemen Peace Project

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بيان لمنظمات غير حكومية تؤيد فيه المؤتمر الدولي البرلماني للسلام في اليمن

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 الأول/نوفمبر 2018 – نحن، كمنظمات عاملة في المجال الإنساني، وحقوق الانسان، وبناء السلام، نرحب باجتماع غداً لمشرعين من عدة بلدان وأحزاب في أول مؤتمر دولي برلماني يدور حول السلام في اليمن لمطالبة حكوماتهم بالعمل معاً لإنهاء الأزمة. علماً بأننا لم نواجه من قبل مرحلة كهذه تستدعي التحرك السريع بسبب مواجهة ما يقارب 14 مليون شخص من رجال ونساء وأطفال خطر المجاعة المحدق.

نحن ننادي حكوماتنا بتأمين وقف لأعمال الاقتتال، وتعليق تزويد الأسلحة التي يحتمل استعمالها في اليمن، وضمان وصول الواردات الأساسية بدون أيه عرقلة، وإدانة أيه هجمات على المدنيين وانتهاكات القانون الدولي الإنساني من قبل أي طرف، ودعم التحقيقات الدولية في هذه الانتهاكات، بالإضافة إلى عمل مجموعة الخبراء البارزين المعنيين باليمن.

تضاف أحداث الأسابيع الماضية إلى لائحة طويلة من الأمثلة التي تكشف تجاهل المملكة السعودية للنظام الدولي المبني على القوانين، فإنها تسلط الضوء من جديد على أهمية إعادة تقييم شراكة المجتمع الدولي، وبالأخص الولايات المتحدة، وبريطانيا، وفرنسا، مع الرياض. تتحمل أي دولة تقوم بدعم أو تزويد التحالف العربي بقيادة السعودية والإمارات المتحدة بالأسلحة مسؤولية أخلاقية وقانونية خاصة لضمان التزام التحالف بالقانون الدولي الإنساني في اليمن. في ظل استمرار الهجمات غير المشروعة على المدنيين في اليمن من قبل جميع الأطراف، والتي قامت مجموعة الخبراء البارزين التابعة للأمم المتحدة بتوثيقها بشكل موسع، فأننا نضم أصواتنا إلى صوت أكثر من مليون شخص حول العالم ونعيد التأكيد على النداء الذي أطلقناه منذ أعوام لحث الحكومات في تعليق صفقات الأسلحة التي يحتمل أن تستعمل في اليمن.

الأزمة الإنسانية في اليمن هي من صنع الانسان ونتيجة وضع أطراف الحرب قيوداً شديدة على وصول المواد الغذائية والمشتقات النفطية والمواد الطبية والمساعدات الإنسانية. ان انهيار الريال اليمني وعدم دفع الرواتب للعاملين في القطاع العام تزيد من وطأة الكارثة. بالإضافة فأن معدل الوفيات من المدنيين قد ارتفع بنسبة ملحوظة في الأشهر الماضية – سجلت 450 حالة وفاة من المدنيين خلال 9 أيام فقط في شهر آب/أغسطس – وارتفعت نسبة العنف ضد النساء والبنات بشكل ملحوظ بسبب تصعيد الصراع. وبناء على ذلك ننادي حكوماتنا برفع جهودهم لضمان وصول المواد الأساسية من دون أي معوقات، بما في ذلك الوقود، إلى داخل اليمن وجميع أنحائها ومن خلال مرفأ الحديدة والذي يشكل خط الإمداد الأساسي لليمن، وحيث تعرّض الاشتباكات العسكرية حياة المدنيين للخطر من جديد. يجب على المجتمع الدولي أن يندد بشكل علني بأي هجمات عشوائية على المدنيين والبنية التحتية المدنية، وأي انتهاكات أخرى للقانون الدولي الإنساني يرتكبها أي من الأطراف.

على النواب والممثلين مسؤولية خاصة لتمثيل صوت ناخبيهم ومحاسبة حكوماتهم. نأمل أن يكون هذا المؤتمر بمثابة صرخة يقظة للعالم عشية تدشين منتدى باريس للسلام والذي ينظمه الرئيس ماكرون لترويج السلام وتحسين الحوكمة الدولية. لن يكون هناك حل عسكري للحرب في اليمن. الحل الوحيد لهذه الأزمة الإنسانية هو الوصول إلى عملية سلام شاملة.

لم يعد بوسع اليمنيين الانتظار بعد مرور أكثر من أربع سنوات على الى الصراع في بلدهم.

لائحة المنظمات الموقعة.

Signatory organizations: 

1.      ACAT

2.      Action Contre la Faim

3.      Asociacion pro Derechos Humanos de Espana

4.      Avaaz

5.      CARE International

6.      Cairo Institute for Human Rights Studies

7.      Committe on the Administration of Justice

8.      Control Arms

9.      Friends Committee on National Legislation

10.   FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme)

11.   Finnish League for Human Rights

12.   Global Centre for the Responsibility to Protect

13.   Gulf Centre for Human Rights

14.   Handicap International

15.   Hellenic League for Human Rights

16.   International Rescue Committee Europe

17.   Latvian Human Rights Committee

18.   Ligue des Droits de l’Homme

19.   Ligue Belge (Francophone) des Droits de l’Homme

20.    Liga voor de Rechten van de Mens

21.   Médecins du Monde

22.   Mercy Corps

23.   Mwatana Organization for Human Rights (Yemen)

24.   Norwegian Refugee Council

25.   Observatoire des Armements

26.   Oxfam

27.   PAX (the Netherlands)

28.   Physicians for Human Rights

29.   Sisters Arab Forum for Human Rights (Yemen)

30.   Saferworld

31.   Salam for Yemen

32.   Save the Children

33.   SumOfUs

34.   War Child

35.   Yemen Peace Project

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35 Yemeni and international organizations call for an immediate cessation of hostilities in Yemen

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Paris, 7 November 2018 – As humanitarian, human rights and peacebuilding organizations working on Yemen, we welcome tomorrow’s unprecedented coming together of legislators from across nations and parties for the first International Parliamentary Conference for Peace in Yemen to demand their governments work together to end the crisis. With 14 million men, women and children on the brink of famine – half the country’s population – there has never been a more urgent time to act.

We call on governments to secure an immediate cessation of hostilities, suspend the supply of arms at risk of being used in Yemen, guarantee unimpeded access and movement for vital imports, condemn any attacks on civilians and other violations of international humanitarian law by any party and support international investigations into these violations, including the work of UN Group of Eminent Experts on Yemen.

Events in recent weeks have added to a long list of examples of disregard by Saudi Arabia for the international rules-based system and have brought renewed focus on the need for the international community, particularly the US, the UK and France, to reassess their partnerships with Riyadh. Any supporter of and arms supplier to the Saudi-Emirati-led coalition bears a special moral and legal responsibility to ensure that the coalition complies with international humanitarian law in Yemen. In light of the ongoing unlawful attacks against civilians by all parties in Yemen, widely documented by the UN Group of Eminent Experts, we add our voices to those of over one million of the global public and reiterate the call we have been making for years to all governments to suspend the supply of all arms at risk of being used in Yemen.

The humanitarian crisis in Yemen is manmade and a direct consequence of the warring parties’ severe restrictions on access to food, fuel, medical imports and humanitarian aid. The collapse of the Yemeni Rial and the non- payment of public sector workers is adding to the catastrophe. In addition, civilian deaths have increased dramatically in recent months – with 450 civilians killed in just 9 days in August – and violence against women and girls has risen significantly since the conflict escalated. We call on governments to redouble their efforts to guarantee unimpeded access to essential items, including fuel, in and throughout Yemen, including through the lifeline port of Hodeidah, where civilians have been caught in renewed fighting over the past few days. Any indiscriminate attacks on civilians and civilian infrastructures, and other violations of international humanitarian law by any party should be publicly condemned by the international community.

Parliamentarians have a special responsibility to represent the voice of their constituents and hold their governments to account. On the eve of the inaugural Paris Peace Forum convened by President Macron to promote peace and improve global governance, we hope this conference will be a wake-up call. There is no military solution to the war in Yemen. Only an inclusive peace process can solve the humanitarian crisis.

After almost four years of conflict, Yemenis can’t wait any longer.

List of signatory organizations:

  1. ACAT
  2. Action Contre la Faim
  3. Asociacion pro Derechos Humanos de Espana
  4. Avaaz
  5. CARE International
  6. Cairo Institute for Human Rights Studies
  7. Committe on the Administration of Justice
  8. Control Arms
  9. Friends Committee on National Legislation
  10. FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme)
  11. Finnish League for Human Rights
  12. Global Centre for the Responsibility to Protect
  13. Gulf Centre for Human Rights
  14. Handicap International
  15. Hellenic League for Human Rights
  16. International Rescue Committee Europe
  17. Latvian Human Rights Committee
  18. Ligue des Droits de l’Homme
  19. Ligue Belge (Francophone) des Droits de l’Homme
  20. Liga voor de Rechten van de Mens
  21. Médecins du Monde
  22. Mercy Corps
  23. Mwatana Organization for Human Rights (Yemen)
  24. Norwegian Refugee Council
  25. Observatoire des Armements
  26. Oxfam
  27. PAX (the Netherlands)
  28. Physicians for Human Rights
  29. Sisters Arab Forum for Human Rights (Yemen)
  30. Saferworld
  31. Salam for Yemen
  32. Save the Children
  33. SumOfUs
  34. War Child
  35. Yemen Peace Project

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Joint statement by 59 NGOs on the ceasefire in Yemen

JOINT STATEMENT BY 59 NONGOVERNMENTAL ORGANIZATIONS

ON THE ANNOUNCEMENT OF A TEMPORARY CEASEFIRE IN YEMEN

09 April 2020

Over five years of brutal war in Yemen have left millions of Yemenis weakened by malnutrition and disease, and decimated Yemen’s health system.  The imminent threat of COVID-19 will exacerbate an already dire humanitarian situation: 80 percent of the population is in need of humanitarian assistance, the majority of whom are women and children; two-thirds of the country lacks adequate access to clean water and sanitation; millions are living on the brink of starvation; nearly 20 million people lack access to adequate healthcare; and cholera, dengue, and other preventable diseases are already rife. These factors create an environment dangerously conducive to the severe and rapid spread of the COVID-19 virus, threatening countless civilian lives.

Especially in light of this extraordinary threat, we, the undersigned NGOs, cautiously welcome the announcement by the Kingdom of Saudi Arabia of a temporary cessation of hostilities in YemenWe urge all parties to the conflict in Yemen to immediately halt fighting, to implement a ceasefire on the ground without delay, to release all detainees and those forcibly disappeared, and to work with the UN Special Envoy to urgently restart comprehensive and inclusive political negotiations to end the conflict.

A ceasefire alone cannot stop the spread of COVID-19 in Yemen.  All parties must immediately lift restrictions and end interference with vital humanitarian operations; ensure immediate access to populations in need; facilitate the movement of humanitarian workers and goods and of commercial imports; and end blockades and other actions and policies that prevent or restrict essential commercial imports into Yemen, to maintain the humanitarian response for the millions of Yemenis who need aid to survive, and to support Yemenis’ economic livelihood. Yemeni civil society must also be supported to continue their essential role in responding to the crisis. Simultaneously, the international community must ramp up funding for the full range of humanitarian programming in Yemen. Amid this global pandemic, any suspension of life-saving assistance for Yemen, or politicization of humanitarian access and funding, will leave Yemen’s already vulnerable civilian population at heightened risk.

A cessation of hostilities in Yemen can only be a first step. Yemenis need a durable ceasefire, a comprehensive and inclusive political settlement to the current conflict, unencumbered access to humanitarian aid and commercial imports, and accountability for the violations all sides have committed during this war.  Yemen cannot wait any longer for an end to the conflict and humanitarian devastation that has ravaged the civilian population for over five years.

Signed by:

  1. ACAT-France (Action by Christians Against Torture)
  2. Action against Hunger
  3. Action Corps
  4. Alliance for Peacebuilding
  5. Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL)
  6. ALQST for Human Rights
  7. Avaaz
  8. Bread for the World
  9. Cairo Institute for Human Rights Studies
  10. CARE International
  11. Center for Civilians in Conflict (CIVIC)
  12. Center for International Policy
  13. Center for Policy Analysis in Horn of Africa
  14. CIVICUS
  15. Cordaid – Catholic Organisation for Relief and Development
  16. Cure Violence Global
  17. Danish Refugee Council
  18. Dhameer for Rights and Freedoms
  19. Freedom Forward
  20. Friends Committee on National Legislation
  21. Global Centre for the Responsibility to Protect
  22. Global Communities
  23. Handicap International – Humanity & Inclusion
  24. Human Rights First
  25. International Civil Society Action Network
  26. International Federation for Human Rights
  27. International Rescue Committee
  28. Islamic Relief Worldwide
  29. Karuna Center for Peacebuilding
  30. Médecins du Monde
  31. Mercy Corps
  32. Mothers of Abductees Association
  33. Musaala for Human Rights Organization
  34. Mwatana for Human Rights
  35. Norwegian Refugee Council
  36. Observatoire des armements
  37. Oxfam
  38. Pax Christi International
  39. Peace and Building Foundation
  40. Peace Direct
  41. Physicians for Human Rights
  42. Première Urgence Internationale
  43. Project on Middle East Democracy
  44. Refugees International
  45. Saferworld
  46. Salam for Yemen
  47. Search for Common Ground
  48. Solidarités International
  49. STAND: The student-led movement to end mass atrocities
  50. Students for Yemen
  51. Tearfund
  52. United Nations Association of the National Capital Area
  53. Watch for Human Rights
  54. Win Without War
  55. World Organisation Against Torture (OMCT)
  56. Yemen Relief and Reconstruction Foundation
  57. Yemen Solidarity Network
  58. Yemen Civil Alliance for Peacebuilding
  59. Yemeni Alliance Committee

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Communiqué conjoint de 59 ONG sur le cessez le feu au Yémen

DÉCLARATION CONJOINTE DE 59 ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES

SUR L’ANNONCE D’UN CESSEZ-LE-FEU TEMPORAIRE AU YÉMEN

09 Avril 2020

 

Cinq ans de guerre brutale au Yémen ont laissé des millions de civils en proie à la faim et aux maladies avec un système de santé décimé. La propagation du COVID-19 ne fera qu’aggraver cette situation humanitaire catastrophique : 80 % de la population a besoin d’une aide humanitaire, dont une majorité de femmes et d’enfants ; les deux tiers du pays ne disposent pas d’un accès convenable à l’eau potable et à l’assainissement ; des millions de personnes vivent au bord de la famine ; près de 20 millions de personnes n’ont pas accès à des soins de santé décents ; et le choléra, la dengue et d’autres maladies pourtant prévisibles sévissent déjà. Ces facteurs créent un environnement dangereusement propice à la propagation grave et rapide du virus COVID-19, menaçant d’innombrables vies civiles.

Compte tenu de cette menace extraordinaire, nous, les ONG soussignées, saluons avec prudence l’annonce par le Royaume d’Arabie saoudite d’une cessation temporaire des hostilités au Yémen.  Nous demandons instamment à toutes les parties au conflit au Yémen de cesser immédiatement les combats, d’appliquer sans délai un cessez-le-feu sur le terrain, de libérer tous les détenus et les personnes victimes de disparition forcée, et de collaborer avec l’envoyé spécial des Nations unies pour relancer d’urgence des négociations politiques globales et inclusives afin de mettre fin au conflit.

Un cessez-le-feu ne peut à lui seul arrêter la propagation du COVID-19 au Yémen. Toutes les parties au conflit doivent immédiatement lever les contraintes pesant sur les opérations humanitaires ; leur assurer un accès immédiat aux populations dans le besoin ; faciliter la circulation des travailleurs et des biens humanitaires ainsi que des importations commerciales ; et mettre fin aux blocus et autres actions et politiques empêchant les importations commerciales essentielles au Yémen. La société civile du pays doit également être soutenue pour continuer à jouer son rôle essentiel dans la réponse à la crise. Simultanément, la communauté internationale doit augmenter le financement de l’ensemble des programmes humanitaires au Yémen. Dans le contexte de cette pandémie, toute suspension de l’assistance vitale au Yémen ou toute politisation de l’accès et du financement humanitaires exposera la population civile déjà vulnérable à des risques accrus.

La cessation des hostilités au Yémen ne peut être qu’une première étape. Les Yéménites ont besoin d’un cessez-le-feu durable, d’un règlement politique, global et inclusif du conflit, d’un accès sans entrave à l’aide humanitaire et aux importations commerciales, et de la reconnaissance et de la condamnation des violations commises pendant cette guerre. Le Yémen ne peut attendre plus longtemps pour mettre un terme au conflit et à la dévastation humanitaire qui frappent la population civile depuis plus de cinq ans.

 

Signé par: 

 

  1. ACAT-France (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)
  2. Action Contre la Faim
  3. Action Corps
  4. Alliance for Peacebuilding
  5. Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL)
  6. ALQST for Human Rights
  7. Avaaz
  8. Bread for the World
  9. Cairo Institute for Human Rights Studies
  10. CARE International
  11. Center for Civilians in Conflict (CIVIC)
  12. Center for International Policy
  13. Center for Policy Analysis in Horn of Africa
  14. CIVICUS
  15. Cordaid – Catholic Organisation for Relief and Development
  16. Cure Violence Global
  17. Danish Refugee Council
  18. Dhameer for Rights and Freedoms
  19. Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH)
  20. Freedom Forward
  21. Friends Committee on National Legislation
  22. Global Centre for the Responsibility to Protect
  23. Global Communities
  24. Handicap International – Humanity & Inclusion
  25. Human Rights First
  26. International Civil Society Action Network
  27. International Rescue Committee
  28. Islamic Relief Worldwide
  29. Karuna Center for Peacebuilding
  30. Médecins du Monde
  31. Mercy Corps
  32. Mothers of Abductees Association
  33. Musaala for Human Rights Organization
  34. Mwatana for Human Rights
  35. Norwegian Refugee Council
  36. Observatoire des armements
  37. Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)
  38. Oxfam
  39. Pax Christi International
  40. Peace and Building Foundation
  41. Peace Direct
  42. Physicians for Human Rights
  43. Première Urgence Internationale
  44. Project on Middle East Democracy
  45. Refugees International
  46. Saferworld
  47. Salam for Yemen
  48. Search for Common Ground
  49. Solidarités International
  50. STAND: The student-led movement to end mass atrocities
  51. Students for Yemen
  52. Tearfund
  53. United Nations Association of the National Capital Area
  54. Watch for Human Rights
  55. Win Without War
  56. Yemen Relief and Reconstruction Foundation
  57. Yemen Solidarity Network
  58. Yemen Civil Alliance for Peacebuilding
  59. Yemeni Alliance Committee

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دعوة للتضامن

اليمن بحاجة لكم !

 دعوة للتضامن

 صورة أو فيديو لليمن

 بغض النظر عن جنسيتك، أو بلد إقامتك وقناعاتك الدينية أو السياسية شارك بإنسانيتك وانضم معنا  في حركة التضامن الدولية مع شعب اليمن.

 منذ 26 مارس 2015 ، يعيش اليمنيون في خوف وعزلة مستمرة ، وهي ظروف نتشاركها جميعًا فيالوقت الحاضر.

 لقد اصبح اليمنيون ضحايا حرب غير عادلة وحصار قاتل لأكثر من 5 سنوات.

 شاركوا في حملتنا العالمية الهادفة إلى إدانة الحرب والحصار المفروض على كل مواطن في اليمن.

 يمكن لكل شخص التقاط صورة أو مقطع فيديو من منزله أو مكان عمله للتفاعل معنا من خلال بيانقصير أو أغنية أو قصيدة أو حتى رسم.  الفكرة هي إظهار التضامن مع اليمنيين ودعوة جميع الأطرافلإنهاء الحرب وفرض الحصار والعمل معا من أجل إحلال السلام.

 يُرجى استخدام الـهشتقات # التالية ان أمكن

 # اوقفوا_حرب_اليمن

 # اوقفوا_حصار_اليمن

 # اوقفوا_بيع _السلاح

  # السلام_لليمن

#StopWarInYemen
#StopBlockade
#StopArmingWar
#YemenCantWait
#PeaceForYemen
#Yemen

# اوقفوا_الحرب
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# السلام_لليمن
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#Non_a_la_Guerre
#Non_au_Blocus
#Non_aux_Ventes_d’Armes
#Paix_au_Yémen
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Call for solidarity

Yemen needs you!

Call for solidarity

A picture or a video for Yemen

Regardless of your nationality, your country of residence and your convictions share your humanity and take part in the international solidarity movement with the people of Yemen.

Since 26 March 2015, Yemenis are living under constant fear and isolation, circumstances that we all share nowadays.

Yemenis have been victims of an unfair war and a deadly blockade for more than 5 years.

Take part in our global campaign aiming at condemning the war and the blockade affecting every citizen in Yemen.

Each person can take a picture or a video from their home or workplace to engage with us through a short statement, a song, a poem or even a drawing. The idea is to show solidarity with Yemenis and to call on all parties to end the war, levy the blockade and work together to establish peace.

Please use one of the following # hashtags

#StopWarInYemen
#StopBlockade
#StopArmingWar
#YemenCantWait
#PeaceForYemen
#Yemen

# اوقفوا_الحرب
# اوقفوا_الحصار
# اوقفوا_بيع _السلاح
# السلام_لليمن
#اليمن

#Non_a_la_Guerre
#Non_au_Blocus
#Non_aux_Ventes_d’Armes
#Paix_au_Yémen
#Yémen

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Appel à la solidarité

Une photo ou une vidéo pour le Yémen

Quels que soient votre nationalité, votre pays de résidence et vos convictions faites preuve d’humanité et participez à un élan de solidarité internationale avec le peuple yéménite.

Depuis le 26 mars 2015, les populations civiles yéménites vivent dans la peur et le confinement, des circonstances similaires à celles que nous vivons aujourd’hui, toutes proportions gardées.

Depuis 5 ans, le peuple yéménite est victime d’une guerre injuste et d’un blocus criminel et meurtrier.

Nous vous invitons à participer à cette campagne mondiale pour condamner la guerre, le blocus et les violations du droit international dont est victime le peuple yéménite dans toutes ses composantes.

L’idée est que chaque personne, depuis son lieu de travail ou son domicile, prenne une photo ou une courte séquence de vidéo de lui-même, accompagné d’une illustration, d’un texte, d’un poème ou d’une chanson, pour exprimer sa solidarité avec le peuple yéménite. Joignons nos voix pour appeler à mettre fin à la guerre et au blocus et à œuvrer pour la paix.

Afin de donner de l’ampleur à cette campagne et faciliter son référencement, accompagnez vos publications des # hashtags suivants :

#StopWarInYemen
#StopBlockade
#StopArmingWar
#YemenCantWait
#PeaceForYemen
#Yemen

# اوقفوا_الحرب
# اوقفوا_الحصار
# اوقفوا_بيع _السلاح
# السلام_لليمن
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NON AU CARGO DE LA HONTE À CHERBOURG

Le 6 février 2020, 7 ONG ont déposé un référé pour empêcher le transit du cargo saoudien Bahri Yanbu par le port français de Cherbourg, en raison de sa cargaison d’armes et de celles qu’il viendrait charger à son bord. 

Le cargo Bahri Yanbu, de la compagnie nationale saoudienne de transport maritime, Bahri, doit entrer aujourd’hui dans le port français de Cherbourg. Il transporte à son bord des armes et s’apprêterait à en charger de nouvelles fabriquées dans l’Hexagone. Son simple transit constitue en soi une violation patente des engagements internationaux de la France.

Les ONG Action Sécurité Ethique Républicaines (ASER), Action des Chrétiens pour l’abolition de la Torture (ACAT), Action Contre la Faim (ACF), Médecins du monde (MDM), Salam4Yemen, Sherpa et Stop Fuelling War ont donc déposé un référé pour empêcher le transit du Bahri Yanbu pour violation des articles 2[1] et 6[2] du traité sur le commerce des armes (TCA), signé et ratifié par la France.

Elles appellent également à la mobilisation et au rassemblement à Cherbourg, afin d’empêcher le cargo Bahri Yanbu de transiter par ce port. En protégeant les droits fondamentaux des Yéménites, c’est aussi nos propres droits que nous protégeons.

L’urgence de la situation au Yémen est relevée notamment par le rapport du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui estime le nombre de morts à plus de 230 000  fin 2019, dont plus de 140 000 enfants de moins de 5 ans fin 2019[3].

Au moment où un plan de paix des Nations Unies peine à avancer et malgré ces informations connues par le gouvernement français, celui-ci n’a pas cessé ses exportations d’armes vers les pays de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis – dont font principalement partie le Bahreïn, l’Egypte, le Koweït et le Soudan. Cette attitude entraîne un risque majeur de complicité de crimes de guerre pour notre pays[4].

Contacts :

ASER : Benoît Muracciole, +33 (0)7 72 33 40 45

ACAT-France : Barthélemy Dioh, +33 (0)1 40 40 74 10

 

[1] § 2 « les activités de commerce international englobent l’exportation, l’importation,  le transit, le transbordement et le courtage, ci-après dénommées  « transfert » ».  

[2] § 2 «Aucun État Partie ne doit autoriser le transfert d’armes classiques visées par l’article 2 (1) ou de tout autre bien visé par les articles 3 ou 4 qui violerait ses obligations internationales, résultant des accords internationaux pertinents auxquels il est partie, en particulier celles relatives au transfert international ou au trafic illicite d’armes classiques».

[3] http://www.arabstates.undp.org/content/rbas/en/home/library/crisis-response0/assessing-the-impact-of-war-on-development-in-yemen-.html

[4] Articles 16, 40, 41 de la Commission du droit international des Nations Unies décembre 2001.

 

Version pdf :  CP Bahri Yanbu 06 02 2020 VF(2)

 

Ventes d’armes – Lettre ouverte au Premier ministre Edouard Philippe

Ventes d’armes – Lettre ouverte au Premier ministre Edouard Philippe

English version on below

 

Edouard Philippe

Premier Ministre

Hôtel de Matignon

57 rue de Varenne 75007 Paris

Copie à :         Mme Florence Parly, Ministre des Armées

Jean-Yves Le Drian, Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères

Bruno Lemaire, Ministre de l’Economie et des Finances

 

Paris, le 5 février 2020

 

Monsieur le Premier ministre,

Le cargo saoudien Bahri Yanbu doit arriver jeudi 6 février à Cherbourg, dans le cadre d’une tournée européenne au cours de laquelle il doit également faire escale à Sheerness (Royaume-Uni) et Gênes (Italie), avant de repartir en Egypte et en Arabie saoudite, selon l’armateur.

Le Bahri Yanbu étant connu pour transporter des armes pour le compte exclusif du ministère de la Défense saoudien, engagé dans une intervention armée entachée d’allégations de crimes de guerre au Yémen, nous, représentant·e·s de 17 organisations humanitaires et de défense des droits humains, vous exprimons nos plus vives inquiétudes quant au passage de ce cargo en France.

Nous vous demandons instamment de nous informer sur la nature du matériel devant être chargé sur le Bahri Yanbu à Cherbourg et, dans l’hypothèse où il s’agirait d’armements, de nous indiquer les garanties dont dispose la France que ces derniers ne seront pas utilisés de manière illégale contre des populations civiles yéménites.

Conformément au Traité sur le commerce des armes qu’elle a ratifié, la France, est tenue d’interdire les exportations d’armements dès lors qu’il existe un risque manifeste que ces derniers servent à commettre des crimes de guerre et autres violations graves du droit international humanitaire. Or, malgré les violations systématiques de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis au Yémen et le risque que des équipements français y contribuent, la France poursuit ses transferts d’armes à ces deux pays. Qu’il s’agisse d’attaques aériennes contre des cibles civiles (hôpitaux, écoles, bus scolaires, mariages, funérailles, etc.), ou du blocus aérien et maritime qui asphyxient les populations civiles, ces violations – et celles commises par l’ensemble des parties au conflit – ont été largement documentées par l’ONU et par nos organisations.

La France ne cesse de clamer son attachement au droit international humanitaire et au multilatéralisme, encore réaffirmés le mois dernier par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Mais en poursuivant ses transferts d’armes à des forces systématiquement abusives, le gouvernement français contredit ses propres engagements et viole ses obligations internationales, comme l’ont pointé les experts de l’ONU dans leur rapport « Yémen. Échec collectif, responsabilité collective », publié le 3 septembre dernier.

En mai dernier, le Bahri Yanbu était déjà venu charger des armes dans toute l’Europe. Face à la mobilisation de la société civile et des syndicats, il avait dû renoncer à faire escale au port du Havre.

Le secret qui entoure son arrivée à Cherbourg, prévue demain, illustre une nouvelle fois l’opacité entourant les exportations d’armes en France.

Depuis 2016, 12 pays européens, dont l’Allemagne, la Belgique, l’Italie et le Royaume-Uni, ont annoncé des mesures visant à suspendre ou à limiter les ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis en raison des graves violations de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les EAU au Yémen.  Pas la France, qui se contente d’assurer que le mécanisme gouvernemental d’autorisation des transferts d’armement a été renforcé, sans pour autant indiquer en quoi consiste le renforcement des contrôles ni en quoi il permet de garantir que les armes françaises ne sont pas utilisées pour commettre des violations contre les civils au Yémen.

7 Français sur 10 souhaitent que la France suspende ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis pour leur rôle dans la guerre au Yémen, selon un sondage YouGov réalisé en mars 2019. Et plus de 250 000 personnes ont signé des pétitions demandant la fin des ventes d’armes françaises à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, que certaines de nos organisations ont remises à l’Elysée en novembre dernier.

Dans ce contexte :

  • Nous vous demandons instamment de faire la lumière sur le nouveau passage en France du cargo saoudien Bahri Yanbu et sur la nature de sa cargaison, et le cas échéant de suspendre le chargement.
  • Nous réitérons notre appel à ce que la France cesse ses transferts d’armes à l’Arabie saoudite pour ne pas se rendre complice de graves violations.
  • Nous vous exhortons également à assurer une plus grande transparence dans le commerce des armes, notamment en permettant un contrôle parlementaire effectif, alors que la mission d’information sur le contrôle des exportations d’armement de l’Assemblée nationale s’apprête à présenter ses recommandations.

Nous sommes à votre disposition pour organiser une rencontre dans les jours qui viennent et vous prions d’agréer nos salutations respectueuses.

Organisations signataires :

  1. Action contre la Faim (ACF)
  2. Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)
  3. Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL)
  4. Avaaz
  5. Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS)
  6. Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)
  7. Handicap International
  8. Human Rights Watch
  9. Ligue des droits de l’homme
  10. L’Observatoire des armements
  11. Médecins du Monde
  12. Oxfam France
  13. Première Urgence Internationale
  14. Salam For Yemen
  15. Solidarités International
  16. SumofUs
  17. Yemen Solidarity Network

English version on PDF : 2020_02_05 Lettre ONG Yemen Bahri Yanbu ENG

version pdf en français : version PDF